Les ambassadeurs 2018-2019

Station Vu est fier de vous présenter ses ambassadeurs. Pendant la saison 2018-19, nos ambassadeurs partageront leur réaction, opinion, critique et expérience à la suite d’une soirée cinéma à Station Vu. Vous pouvez suivre leurs commentaires sur nos réseaux sociaux et notre site.

Rodin

Par Zachary Gourd

Avant-tout je tiens à signaler que, malgré un résultat moyen, l’approche de Jaque Doillon dans ce film m’a particulièrement plu. En décidant de s’écarter de l’approche cours d’histoire qu’ont beaucoup de biopics, le film donne une vraie humanité à son sujet.

Dans Rodin, on suit le sculpteur de l’obtention de sa première commande d’état (les portes de l’enfer) à l’installation d’un bronze de sa statue de Balzac. On ne voit donc qu’une part assez réduite de la vie de l’artiste mais très importante puisque c’est durant cette période que le sculpteur aura sa célèbre aventure avec l’artiste Camille Claudel, mais aussi qu’il produira ses oeuvres les plus marquantes.

Le film construit son histoire en courts segments entrecoupés d’ellipses dont la temporalité est inconnue. Cette construction ne facilite définitivement l’écoute du film, puisqu’on reste assez confus face au temps requis pour créer une œuvre ou au moment de la relation entre Claudel et Rodin. Cependant, en sacrifiant une lecture facile de la narration, le film permet de présenter différents aspects de la personnalité de Rodin dans différents contextes, le démystifiant et l’humanisant. Le rythme du film est malheureusement assez affaibli par la forme : le nombre de segments montrant des évènements similaires est nombreux et puisque chaque passage est assez indépendant des autres, le film n’arrive pas créer un sentiment de progression et plusieurs passages semblent dotés de leur propre évolution dramatique . On a souvent l’impression de tourner en rond. Je pense qu’en gardant la même forme on aurait pu obtenir qu’elle chose de moins plat.

À coté de cela, le film est vraiment soutenu par ses acteurs principaux, Vincent Lindon en Rodin et Izïa Higelin en Camille Claudel. La relation entre les deux est vraiment crédible et leurs interactions sont agréables à voir. Izïa Higelin arrive à maintenir le personnage de Claudel crédible même si au fur et à mesure que le film avance la personnalité du personnage est de plus en plus exagérée. Vincent Lindon joue d’une façon assez romancée mais captivante l’artiste face à la création. Semblant souvent se perdre devant ses œuvres. Il n’est cependant pas extrêmement crédible lorsqu’il sculpte aillant l’air de ne pas vouloir se salir.

Malheureusement, le talent des acteurs bien que grand ne suffit pas à rendre beaucoup de dialogues crédibles. Le ton tend souvent vers un lyrisme un peu étrange qui, personnellement, m’a fait décroché à quelques reprises. Cet aspect littéraire des dialogues rajoute à longueur du film puisqu’on a souvent l’impression que les personnages parlent pour ne rien dire.

De son coté, la cinématographie de l’oeuvre est assez appréciable. Elle est sobre avec très peu de mouvements de caméra complexes et une direction belle malgré qu’elle soit fonctionnaliste. On peut souligner l’utilisation de la lumière naturelle qui crée un réalisme d’époque.

Deux chose m’ont particulièrement plu dans la réalisation de Doillon. D’abord un passage éclairé par une seule bougie et, ensuite, le choix à plusieurs moments, où Rodin fait face à ses œuvres, de se concentrer uniquement sur lui. Parfois en ne montrant des statues que de dos pour voir sa réaction face à sa création plutôt que la création elle-même. En d’autres mots, un véritable film sur l’homme plutôt que sur sa création.

De manière générale j'ai apprécié le filmmais je ne le conseillerais qu’au spectateur très patient.

En guerre

Par Virginie Dubois

Ma première introduction au travail de Stéphane Brizé s'est faite à travers son film, Je ne suis pas là pour être aimé. Puis, vint le moment de mon premier vrai coup de cœur avec sa façon d'aborder le cinéma, La loi du marché. Une véritable pièce d'anthologie à mon avis, à voir absolument. Ce film a d'ailleurs été présenté à Station Vu en mai 2016, choix que je salue.

Avec En guerre, Stéphane Brizé revient en force en s'attaquant une fois de plus au monde du travail. Le film nous transporte au sein d'une entreprise sise dans une petite communauté du Sud-Ouest de la France. Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte‑parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi (synopsis repiqué du magazine web Première).

Un film coup de poing qui nous tient en haleine du début à la fin, tant sa charge est puissante. Mis en scène comme un documentaire, on traverse l'histoire comme si on y était. On fait plus que ressentir les tensions, les malaises, les troubles, les agitations, les émois… on les vit, ni plus ni moins. Certaines scènes sont à la limite du supportables tant elles sont criantes de vérité, tant le cinéaste aura probablement voulu nous démontrer à quel point ce que ces gens vivent est odieux. Pari remporté haut la main.

Et puis, y'a Vincent Lindon, ce géant du cinéma français, qui porte littéralement le film sur ses épaules. Il s'agit de la 4e collaboration entre l'acteur et le cinéaste et la complicité qu'ils ont développée au fil des années est plus que profitable dans la réalisation de En Guerre. J'ai toujours su que Lindon était un grand acteur, mais là, franchement, il se dépasse. Il transcende le personnage. Il est d'une générosité, d'un abandon et d'une vérité que peu d'acteurs selon moi réussissent à atteindre.

Toutes des raisons pour lesquelles j'aime Station Vu. Pour sa programmation tout à la fois sélective, riche et diversifiée. Pour son audace aussi. Pour sa volonté de nous faire découvrir des films qui sortent des sentiers battus.

1991

Par Kevin Laforest

1991 a le principal défaut des précédents épisodes, 1981 et 1987, soit un récit plutôt anecdotique, fidèle à la jeunesse pas si extraordinaire du scénariste et réalisateur Ricardo Trogi. Ce film est toutefois élevé par le fait qu’il a majoritairement été tourné en Italie, où Ricardo (Jean-Carl Boucher) passe l’été de ses 21 ans, à la poursuite de la femme de sa vie (Juliette Gosselin). Cela donne lieu à de superbes décors, une amusante distribution d’étudiants étrangers, et à de formidables pastiches des vieux films italiens en noir et blanc de Fellini et compagnie. Et puis 1991 possède également les qualités du reste de la « Trogilogie » : l’autodérision de la narration en voix hors champ du cinéaste, plusieurs gags très drôles, et une irrésistible trame sonore nostalgique.

Three Identical Strangers

Par Alexandre Lavigne

Bon. Y’a du bon pis du mauvais dans tout ça. Three Identical Strangers est un documentaire sensible qui commence un peu trop sur les chapeaux de roues pour moi : les vingt premières minutes ont été insupportables jusqu’à ce qu’on plonge réellement dans le vif du sujet (autour des 40 minutes). Est-ce qu’il faut passer à côté pour autant? Non. Le sujet est hyper intéressant. Et le documentaire fonctionne de la même manière que ce qui est raconté dans celui- ci; on nous cache des choses jusqu’à la fin, ce qui est souvent le modus operandi du docu, mais là, c’est pas mal cool comme concept. C’est bel et bien ce qui nous tient en haleine tout au long de ce 1h36min. On aurait voulu peut- être un 1h10min mieux ficelé, je sais pas, je dis ça, je dis rien.

Oui, le documentaire a gagné des prix et on comprend pourquoi avec le sujet; des jumeaux séparés à la naissance pour une étude secrète. Très CIA. Très CSI. Très Piège de Crystal. Très vendeur. À noter aussi que c’est CNN Films et Channel 4 qui produisent; on reconnait le ton sensationnaliste des nouvelles d’aujourd’hui dans le produit fini (ce qui est malheureux, parce que l’histoire à elle seule sans flaflas est assez intrigante). Pour ce qui est du petit œil par contre, on peut pas dire que c’est un documentaire visuellement prenant. On est définitivement plus dans un spécial 90min un vendredi soir à CNN (ah bin, ‘garde donc ça toé, le lien). Mais c’est bin correct aussi, en fait. Au final, on s’attache aux protagonistes grâce aux histoires racontées ainsi qu’aux archives captivantes, mais on regrette un peu la quantité innommable de reconstitutions filmées un peu pouette-pouette (rassurez-vous, y’en a moins après 30 minutes, genre). Ça déboule à la fin et ça vaut vraiment le coup sur le moment. On en sort satisfait, intrigué et surtout… on fouille les sites comme Ancestry pour voir si on aurait pas un jumeau à quelque part. Justement, je m’en vais faire ça.

On va voir?
Bin, pourquoi pas?

TARIFS

Étudiant: 7,00 $   –   Adulte (membre): 9,00 $   –   65 ans et + (membre): 7,00 $

 

Tarifs pour les non-membres :

Adulte: 11,00 $   –   65 ans et +: 9,00 $

(Argent comptant seulement)

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